Denis Coderre Unplugged

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Ainsi donc, Denis Coderre part en tournée: Rimouski, Trois-Rivières, Québec, Victoriaville. Le maire dit vouloir établir un partenariat, bâtir des ponts entre la métropole et le reste du Québec. Fort bien, c’est en soi un objectif tout à fait louable. François Cardinal de La Presse l’a souligné avec justesse ici: Montréal s’est (ou a été?) progressivement isolée du reste du Québec au fil des dernières décennies. Cette tendance nous affaiblit tous, peu importe de quel côté des ponts nous vivons. Montréal, pour son propre bien et celui du Québec, doit retrouver sa place.

Mais pour briser ce mauvais pli, encore faut-il savoir sur quels enjeux nous voulons coopérer, et dans quel sens. Nous devons choisir nos batailles, agir de manière stratégique et coordonnée si nous voulons établir des relations profitables et durables avec les villes et les régions du Québec, tout en reconstruisant un rapport de force pour Montréal.

Or, comme l’évoque Guillaume Lavoie ici, le maire Coderre n’a même pas discuté des enjeux de l’heure avec l’opposition avant de commencer à planifier sa tournée. Tisser des liens avec le reste du monde municipal est une idée très noble, mais le maire devrait savoir que Montréal est plus forte si elle parle d’une seule voix. En effet, comme l’a déclaré le conseiller de Marie-Victorin, charité bien ordonnée commence par soi-même…

Pendant sa campagne électorale, pauvre en contenu mais riche en buzzwords, le maire nous a sans cesse rebattu les oreilles en parlant de leadership. Il semble vouloir l’exercer à la grandeur du Québec. Fort bien. Mais est-ce vraiment du leadership lorsqu’on s’échine à exclure l’opposition des processus de réflexion et de décision? Le vrai leadership, c’est la maîtrise de l’art de la persuasion. C’est s’imposer (à travers les lignes partisanes) par la force de ses idées et de ses arguments, pas par la jovialité de ses claques dans le dos et de ses éclats de rire. C’est facile d’être un leader quand on choisit de ne s’adresser qu’à ceux qui pensent comme soi. C’est autre chose que de bâtir des coalitions gagnantes autour d’enjeux subtantiels.

Si le maire est incapable (ou refuse) de faire cette démarche à Montréal, comment croire qu’il réussira à le faire à l’extérieur? Car la réussite de cette « mission » ne devra pas être mesurée à l’épaisseur du carnet d’adresses du maire à son retour ou au nombre de photos qu’il aura prises, mais bien à l’aune des progrès réalisés dans chaque dossier. Le problème, c’est que le maire entretient, à dessein ou non, un grand flou artistique autour des dossiers qu’il veut mettre de l’avant et de la direction qu’il veut leur donner.

Le style politique du maire, chacun le sait, est caractérisé par sa personnalité forte, son caractère populiste et sa fameuse « proximité ». Ce n’est pas nécessairement mauvais en soi, en autant qu’il y ait un contenu politique qui y soit rattaché. Malheureusement, cela n’a pas été le cas pendant la campagne électorale. Il y a donc lieu de s’inquiéter: pourquoi cette tournée du Québec serait-elle différente? Bref, on peut s’interroger: les fruits de ce voyage du maire de Montréal rejailliront-ils sur la métropole ou sur…Denis Coderre?

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